

C’est une exposition qui célèbre la "trame" au sens propre comme au sens figuré : le tissage comme lien social, mais aussi comme piège ou comme protection. Loin d'être uniquement sombre, le travail d'Abakanowicz est une ode à la métamorphose. La rugosité du textile, son odeur de poussière et de terre, nous ramènent à une réalité tactile oubliée, tandis que la légèreté de ses papiers nous rappelle que la fragilité est aussi une force.
On ressort de cet accrochage avec le sentiment d'avoir traversé un paysage mental d'une intensité rare, où chaque nœud, chaque déchirure, raconte la lutte d'une femme pour exister dans un monde fragmenté. C’est une rétrospective magistrale, une célébration de la matière vivante qui résonne en nous bien après avoir quitté les ateliers du sculpteur.
