Le carton, matériau de prédilection d'Eva Jospin, y est travaillé avec une précision d'orfèvre. L'artiste aime marier la rudesse des outils industriels, comme la scie sauteuse utilisée pour découper les strates de carton, à la minutie de la pince à épiler pour planter de fines herbes en kraft. Cette physicalité du travail permet de créer des œuvres monumentales, telles que le Duomo, une micro-architecture de plus de sept mètres de haut, qui frappe d'abord par son volume avant de révéler une infinité de reliefs et d'accidents de surface et de détails.
La déambulation est ponctuée de folies architecturales, de nymphées et de grottes maniéristes qui évoquent les jardins du XVIIIe siècle. On traverse des habitations troglodytes et des ruines pour finalement déboucher sur une forêt immense et impénétrable de quatre mètres de haut qui clôture la narration. L'artiste a délibérément choisi de laisser les fenêtres du Grand Palais découvertes, intégrant le paysage parisien au voyage mental proposé par ses installations.