Éloi Schultz, architecte de formation devenu ébéniste-sculpteur, a développé un vocabulaire plastique où la lumière révèle les contrastes et les reliefs du bois. Inspiré par le mouvement Arts and Crafts et des maîtres comme George Nakashima ou JB Blunk, auprès de qui il s’est formé, il entretient un rapport intime et philosophique à la matière.
Dans son atelier marseillais, Schultz travaille exclusivement le bois massif (poirier, noyer, cèdre, châtaigner), laissant guider sa main par les nœuds, les fissures et le fil naturel. Refusant la standardisation industrielle et les machines qui lissent la matière, il privilégie les outils manuels pour capturer l’accident, la richesse tactile et l’émotion. Ses assemblages, puisés dans des pratiques vernaculaires mondiales, témoignent d'un ancrage anthropologique fort, visant à préserver la beauté ingénieuse des techniques traditionelles face à leur disparition.
Son œuvre, influencée par le Mingei japonais (art populaire), érige des silhouettes totémiques d’une « inquiétante étrangeté ». En réveillant l’essence brute du bois, il crée un lien mystique entre nature, geste artistique et histoire, transformant chaque pièce en un universel singulier où le vernaculaire rencontre l'art contemporain.